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Carnet de voyage dans les étoiles - Portrait de Michel par Carine Souplet

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Rencontre au sommet

La comète C/2014 E2 Jacques au plus près de l'étoile grenat, mu Céphée

Le contraste des couleurs était juste incroyable, le rouge de l'étoile évidement mais aussi ce bleu très très clair que j'arrive difficilement à discerner pour Jacques, une couleur de Voie Lactée... bien loin du vert des photos actuelles.

Pour rester dans les tons rouges, c'est cette étoile mu Cep, variable par ailleurs, qui joue le rôle de notre Polaire, ... sur Mars.

Langrenus

Le cratère Langrenus

Ce soir du 29 août, dans la clarté du couchant, je suis allé promener ma lunette autour d’un joli cratère. Juste après la nouvelle Lune, j’ai passé un bon moment en attendant l’observation des planètes Saturne et Mars. Dans la clarté du crépuscule j'ai eu l'occasion d'observer des cratères près du limbe lunaire oriental. Un de ces cratères, celui que j'ai choisi pour le dessin, est le cratère Langrenus, il se situe sur la rive orientale de la mer de la Fécondité. Avec un terminateur à quelques centaines de kilomètres de là, le système de rayons était facilement discernable à travers la Mer de la Fécondité vers l'Ouest. Ce cratère Langrenus a un diamètre d'environ 132 kilomètres et date de la période appelée « Ératosthénien ». Ses murailles, avec de beaux remparts à terrasses, ont plusieurs kilomètres de hauteur, et il dévoile une jolie paire de sommets centraux s'élevant à plus d'un kilomètre au-dessus du fond. On voit aisément les ombres de ces deux pics centraux portées sur le sol clair du cratère. Au-delà du cratère au nord-ouest, le trio des cratères d'Atwood (30 km), Naonobu (35 km) et Bilharz (43 km) est suffisamment remarquable pour ne pas être croqué.

Langrenus (Michel van Langren) doit son nom à un ingénieur et mathématicien belge 1600-1675 qui a donné quelques premiers noms de formation lunaires.
Pour ce croquis, j'ai utilisé du papier noir à grain extra-fin, des crayons et des craies pastel secs de marque Conté, blancs, gris et noirs. Télescope : Réfracteur de 4 pouces f/9.8 Bresser et un oculaire Delos 10mm = x100. Température estivale : 20° C (68° F)

Pour donner une idée de la dimension de certains de mes originaux voici le même cratère réalisé juste avant celui sur fond noir, mais en mode classique: crayon papier HB, estompe sur papier Canson blanc:

L'échelle est en cm.

Retour sur la comète

La comète C/2014-E2 (Jacques) est au plus près de la terre

Voici les croquis réalisés avec le gros télescope de l'OAB les 25 et 28 août.

La première aquarelle astro en 3D, et même 4D...

Depuis longtemps j’avais un rêve : atteindre la troisième dimension, en aquarelle et via une paire de lunettes anaglyphes 3D (cyan-rouge).
C’est une première, et en cette nuit très spéciale, le sujet pointé sera une comète. Pour l’ambiance de l’observation, je choisis deux vues à l’aquarelle classique, l’une pour le télescope et l'autre pour le paysage ... Il suffira de fusionner l’ensemble des aquarelles et croquis en réalisant des glissements subtils pour les assembler en une image stéréo.

Avec nos croquis et nos photos astronomiques nous nous cantonnons dans la 2D, les deux dimensions de nos papiers. Je prépare la troisième dimension, mais tant qu’à faire,… ce soir je veux atteindre une quatrième dimension, celle du temps! Aujourd'hui, à Varages, c’est la 4ème fête annuelle de l’astronomie organisée par l’association AAP (Association Astronomie en Provence). C’est le bon moment pour mettre en application ce projet! D’autant plus qu’un autre événement se prépare, on déploie à l’air libre une vénérable antiquité. L’événement est marquant : présenter au nombreux public l’antique lunette géante, et surtout émouvoir en l’utilisant pour pointer des objets mythiques du ciel : Saturne, le double amas de Persée, Jacques, la comète du moment. … Quel succès !

Faites glisser la souris sur l'image pour la voir apparaître en anaglyphe. Pour voir l'effet 3D de la deuxième image, vous devez utiliser des lunettes anaglyphes, cyan et rouge.

Observer comme en 1830 Cette lunette de marque Lautter, a été construite en 1830! La lunette et sa splendide monture tout en bois, équipée de chaînes et manivelles, n’est pas une copie mais bien une authentique lunette du début du XIXème siècle. En l'an 1830, la comète Jacques était encore à l’autre bout du système solaire. Pour fixer l’époque, en cette même année, nous venions d’inventer la photographie ainsi que le chemin de fer ; la Belgique, n'existait pas encore, les villes de Miami aux USA et de Victoria au Canada non plus.
Mon aquarelle met en scène la monture originale et la vieille lunette de 2m70. JL, le propriétaire de l’objet sensationnel, me réservera près de 15 minutes de « temps d'oculaire » pour esquisser la comète Jacques sous les yeux intrigués des nombreux visiteurs qui attendaient patiemment leur tour pour observer cette jolie comète.
Cette lunette a un diamètre de 180 mm et est ouverte à 15. L’oculaire utilisé donne un grossissement de 67X. Le temps relevé pour la fin de mon croquis était 21h45 UTC.

Cette aquarelle a été choisie par :  Astronomy Sketch Of the Day  le 30 août 2014

Conjonction Jupiter-Vénus

Les deux planètes les plus brillantes du système solaire

Ce matin, levé à 4h30, 10 minutes en voiture et 15 minutes à pieds pour atteindre Notre Dame de la Garde de Baudinard à 710m d'altitude. Il y a de là une vue superbe vers l'orient et le lever de nos astres, mais aussi la chaîne de montagne des pré-alpes, les villages perchés et le lac de Sainte-Croix.
Il y avait un peu trop de nuages, quoiqu'ils restent graphiques...

Faites glisser la souris sur l'image pour en voir la légende et cliquez dessus pour zoomer.

J'ai également réalisé un petit timelapse jusqu'au lever du Soleil. C'est à voir via l'onglet Vidéo ci-dessus

Observation au T620 de l'Observatoire Astronomique de Bauduen

J'avais l'OAB pour moi tout seul cette nuit du 16 août et j'avais bien décidé d'en profiter.
En dehors de la galaxie M101 que je souhaitait représenter mais encore trop basse pour être dessinée, voici les deux observations principales réalisées cette nuit :

La nébuleuse planétaire M57 de la Lyre

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Et la comète du moment C/2014 E2 Jacques

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Lors des époques proche du maximum d'activité d'un essaim j'ai souvent, comme cette nuit, eu l'occasion de voir passer furtivement des météores dans le champ de vision. Ces météores sont connus sous le nom de TELESCOPIC METEORS. Il est extrêmement difficile d'en déterminer la vitesse, l'essaim, leur couleur et magnitude.
Ici elles font partie d'un joli spectacle ou l'on combine l'origine cométaire des poussières météoritiques et leur disparition en étoile filante dans notre atmosphère. Voyez ci-dessous une petite animation qui montre la rapidité de ce type d'apparition :

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Août sont les événements astro ? où ont lieu les animations ?

Le mois d'août est toujours riche en animation astro.
Voici quelques vues prises sur le tas, faites lors d'animations astronomiques en août 2014 en Provence.
La nuit des étoiles à Rognes le 1er août, la nuit des étoiles à La Blaque le 3 août, lumières dans l'azur le 12 août à Saint-Raphaël.

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La comète Jacques - C/2014 E2

Le matin du 27 juillet j’ai observé la comète C/2014 E2 Jacques de 3h50 à 4h40 en temps d’ici.
C’était sur un joli terrain sans aucune lumière gênante en vue, en bordure du Verdon. La comète était très facile à attraper, juste à coté de l’amas ouvert NGC 1893 dans le Cocher.
Cet amas est peuplé d’étoiles très jeunes majoritairement de type O, il naît encore beaucoup d’étoiles dans cette zone.

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Les trois dessins ont été croqués en séquence pour profiter de la nuit encore noire juste avant l’aube et le lever de Vénus. Avec le Dobson 12 pouces à f5 j’ai utilisé les oculaires Delos 10mm pour 150x avec un FOV confortable et un 40mm pour grossir 37,5x.
- A 37,5x la comète Jacques ressemble à un petit M13 bien rond. On comprend bien pourquoi ce cher Messier avait numéroté les nébuleuses, il évitait alors de les confondre avec les comètes tant recherchées.

- A 150x, elle reste très lumineuse, j’ai eu du mal à comparer son éclat avec une étoile proche mais j’ai estimé sa magnitude entre 6,5 et 7,0 – ça reste à confirmer. Malgré un ciel superbe, je ne vois pas de queue, alors que je sais (ayant vu de formidables photos réalisées avec des petits objectifs) qu’elle en possède deux, une queue de poussière réduite à la limite de la chevelure et une très longue queue de plasma rectiligne. Mon œil arrive juste à deviner une petite asymétrie du noyau par rapport à la coma, une forme qui la fait un peu ressembler à un obus, sans doute la signature de la queue de poussière. Les petites lumières rouges sont celles des antennes de Radio Monte-Carlo à Riez, elles ont 320m de haut et se situent à plus de 10km de notre terrain.

Conjonction Lune-Mars-Saturne

Saute-mouton d’humeur…

Du 4 au 8 juillet la Lune a joué à saute-mouton. D'un point de vue purement astronomique elle nous a proposé quelques belles conjonctions, Mars, Spica et puis Saturne. Par contre le jeu s'est un peu compliqué avec les nuages qui se sont intercalés. Quelle saison !
Le 5 juillet, la Lune était encore bien visible derrière de gros nuages. Le lendemain, je n'ai même pas pu la deviner, à l'heure de ma « prise d'œil », j'ai dû inventer le ciel. Le 7 juillet, lorsque la Lune déjà un peu gibbeuse approchait de Saturne, les nuages sont revenus gâcher la magie du moment. J’en ai un peu marre de ce temps, et je pense n’être pas le seul !
L’avantage de l’astro-artiste sur l’astro-photographe est que le premier peut compléter son dessin. Cette fois-ci j’ai ajouté la vue qui manquait à ma série lunaire. Et pour immortaliser ces maudits nuages, j’ai peint un lavis vaporeux autour de la Lune comme c’était le cas le 5 juillet.

Faites glisser la souris sur l'image pour en voir la légende et cliquez dessus pour zoomer.

Le petit village perché qui a servi de scène à mon avant-plan a pour nom Artignosc-sur-Verdon. J’avoue être assez gâté par cette vue. Artignosc se situe juste à mi chemin de deux spots désormais bien connus des astronomes amateurs, L’observatoire de La Blaque à Varages et celui de Bauduen, l’OAB. Et puisque nous sommes malgré tout en Provence, croyez-moi au-dessus des nuages le ciel y est bien noir! ... Quand même, quelle saison !
Pour faire cette aquarelle, je suis sorti sur ma terrasse vers dix heures chaque soir, parfois avant l’orage, parfois après et une fois pendant, on est passionné ou on ne l’est pas. Chaque fois j’ai ébauché quelques croquis à la va vite, et pris deux ou trois photos qui même floues me permettent de mémoriser les pourtours, les teintes et leurs ombres. A l’atelier, j’ai commencé par réunir les différentes positions des astres et leurs emplacements par rapport au village. En moins d’une semaine, seule la course sélène était digne d’intérêt, Mars et Saturne sont bien plus calmes devant les étoiles. Ensuite j’ai réalisé en mode inversé (teintes et contrastes) l’aquarelle d’un seul jet. Il m'a suffit alors de digitaliser ma feuille et d'en inverser les couleurs.

Cette aquarelle a été choisie par :  Astronomy Sketch Of the Day  le 24 juillet 2014

Un Soleil plein de taches le 6 et actif en H alpha le 11 juillet

Aujourd'hui 6 juillet, la surface solaire était pleine de taches. Voici mon croquis à gauche (lunette 102/1000, filtre objectif en verre, oculaire 21mm = 48x)

Faites glisser la souris sur l'image pour en voir la légende et cliquez dessus pour zoomer.

   

En lumière H alpha elle reste très discrète notre petite étoile, mais en lumière blanche whaw ! Le nombre de Wolf calculé par spaceweather était de 213 aujourd'hui (il faut le multiplier par 0,6 pour obtenir la valeur corrigée soit 128), le SIDC qui est la référence obtient 155 mes comptages donnent 152, pas mal pour un amateur non? En outre, la différence s'explique par le moment de l'observation, 8h au SIDC et 14h à Artignosc. Entre Spaceweather et SIDC il y a un facteur correctif qui entre en ligne de compte et pour lequel je m’arrache mes cheveux blancs... Ce facteur correctif dépend de tellement de choses qu'il est super compliqué à obtenir.
J'ai donc pris le taureau par les cornes et j'ai écrit au SIDC, voici quelques extraits de la réponse reçue :

...Le site SpaceWeather américain reprend le nombre brut provenant d'une seule station, Boulder, où se trouve le NOAA. La barre d'erreur est ici beaucoup plus grande. Néanmoins, tu vois que les deux valeurs sont assez compatibles, après suppression du facteur 0.6 conventionnel.
Pour la station d'Uccle, nous avons un coefficient k moyen (qui ramène les observations brutes d'une station au niveau moyen du nombre international) d'environ 0.8, soit 155*0.8= 124. Donc, ce jour-là on était un peu en-dessous de notre moyenne (il aurait fallut une valeur brute de 173, donnant alors 173*0.8=138).
A 152, ton décompte n'est pas loin du nôtre en effet. Donc, ton k personnel était de 138/152=0.91, ce jour-là....
Frédéric Clette, Astrophysicien (ORB), Directeur du World Data Service "Sunspot Index".


Le 11 juillet c'est l'inverse du 6, la surface solaire a moins de taches et la couronne solaire est plus active. Voici mon croquis (à droite ) avec ma mini-Lunt 35mm, filtre H-alpha, oculaire 10mm = 50x.

Ici j'ai inventé (et essayé) une nouvelle technique qui utilise un calque papier uniquement pour les zones faculaires, j'assemble les deux disques après scan. Ca me permet de dessiner finement ces zones brillantes sans les estomper par le travail de la surface.

Le jour du Soleil, un événement international à Varages

A la demande de la NASA et suivie en france par la SAF et l'AFA, le 22 Juin, une journée solaire d'observation était proposée.
Cette journée, la plus longue de l'année était programmée dans pas mal de clubs astro afin de faire admirer notre étoile et de faire comprendre son mouvement apparent au grand public...

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Le soleil était bien présent, chaud chaud mais particulièrement calme.
Nous avions dressé deux fours solaires pour cuire nos saucisses, un vrai succès et un régal.

C'est aussi sur :  Astronomy Sketch Of the Day  du 24 juin 2014

Artignosc, la fête du pain

Avant le grand jour du pain, les acteurs se mettent en place sur la place d'Artignosc. Quelques vagues nuages font frissonner la surface de l'infini. La farine est dans l'eau. Le four est couleur Mars.
Une conjonction ordinaire se mue en syzygie lyrique. Et cette nuit, fatiguée du croissant, la lune se fait brioche.

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Le petit cratère que j'ai croqué à plein crayons, est appelé Lambert, c'est peut-être le nom d'un boulanger?
Au petit matin, le nez de l'astronome s'excite d'odeurs envoûtantes sur la pente du Verdon.
Ca y est, la fête bat son pain.

Le lendemain c'est autour de la région de Mayer que j'escrime mon crayon. Avec seulement 33km de diamètre et 3km de profondeur, ce cratère n'est pas des plus connus. On voit ici une toute petite partie du Sud des Carpates. Nous survolons le nord de la ligne qui rejoint les cratères Kepler et Copernic. Cette région a été balayée par le souffle dû à l'impact de Copernic.

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Un nouvel essaim d’étoiles filantes

Cet essaim était annoncé comme fameux. Son radiant est dans la constellation de la girafe (Cameleopardalids).
Pour les deux misérables étoiles filantes recensées, c’est un peu bof quand même. Ce qui par contre est très intéressant, c’est que les spécialistes ont réussi à prévoir un nouvel essaim avant toute observation, je pense qu’il s’agit d’une première, et voici les prédictions confirmées !

Faites glisser la souris sur la photo pour en voir la légende et cliquez dessus pour zoomer.

Remarquez le passage de l'ISS, très brillant.
Ci après j'ai mis le calcul rapide du Taux Horaire Zénithal, c’est à cause de la faible hauteur du radiant au dessus de l’horizon que mes 2 météores en deviennent 7, ceci signifiant que si le radiant était positionné au zénith j’en aurais compter 3 à 4 fois plus.

Ci-dessous le résultat préliminaire de l’IMO et la répartition géographique des observateurs à 18h TU.



On remarque que le THZ maximum observé aux US, il faisait jour par ici, se retrouve entre 30 et 70.

Un week-end pour observer le soleil

Nous avions organisé un week-end d’observation solaire à La Blaque mais le responsable, ou plutôt son pauvre dos, ont dû déclarer forfait.
L’observation a donc été déplacée dans mon jardin d’Artignosc-sur-Verdon.
Sur ces deux jours nous avons été 6 à observer le soleil, soit en H alpha avec la PST pilotée par Patrick, ma petite Lunt 35T et le Meade LS200 d’Yvan. Yvan avait d’ailleurs fait fort en apportant sa tente observatoire, très chic. En lumière blanche nous avions déployés la Bresser 102/1000 avec filtre objectif et une jolie lunette APO d’Antoine, toute rouge de chez William optics.
Une protubérance s’était particulièrement distinguée au limbe Est. C’était elle la « star » de la star du week-end.
Merci aussi entre autres à Olivier et à Vincent qui sont venus nous donner, qui des encouragements, qui des conseils techniques précieux.

Et voici quelques croquis souvenir, n'hésitez pas à cliquer sur l'image pour l'aggrandir:

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Le Soleil des Saints de Glace

Malgré les Saints de Glace, cette période habituellement froide du printemps, c’est un bien joli soleil qui nous réchauffait ce 12 mai.
Avec un nombre de Wolf distingué, supérieur à 160, j’ai voulu comparer le disque en lumière blanche et celui en H alpha.
Dessin sur papier Canson à grain fin avec des crayons HB, B et une estompe. Sur la vue de gauche, pour les zones blanches ainsi que pour les protubérances j’ai dessiné en méthode inversée. J’ai dû rajouter le noir des taches, repérées au préalable sur la vue H alpha, juste après la numérisation. Pour égayer le résultat j'ai ajouté un filtre coloré sur les deux images.

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Je suis un peu honteux de voir que le diamètre de l’objectif de ma Lunt est inférieur au diamètre de la plupart de mes oculaires,… un petit pouce et demi, 35mm, quand je pense à la Lunt de 152mm de diamètre de certains de mes amis, mais comment ils font pour dessiner tous les détails ?...

Première joute d'images organisée sur AstroProvence

Deux secondes, trois peut-être,...
Avec un Dobson 12" et un oculaire de 5mm, ça donne un grossissement de 300X. Mais alors, pfiouuu ça file grave. Notre planète ne traine pas sur son axe. Venant de refaire une collimation pointue, je voulais essayer de dessiner avec cet instrument purement manuel. Une drôle d'idée. Ca veut dire centrer la zone, observer quelques minuscules secondes, 2 ou 3 pas plus, et dessiner ce qui est stocké dans ma mémoire (pas toujours très vive à cette heure diablement nocturne).
J'ai commencé à dessiner une heure après Patrick, et pendant le même laps de temps, c'est à dire de 21h45 à 23h45 TL. Crayon à papier HB, 4B, estompe, un peu de lavis bleuté et encre de Chine sur du papier à grain fin de 180g/m2.
La zone pointée est celle qui entoure le petit cratère d'impact Birt (17km). Bizarrement toute cette zone ressemble à un gigantesque cratère sans nom, rempli de lave. Au centre de ce cratère, Rupes Recta, le "mur droit" est très certainement la faille lunaire la mieux connue, elle est longue d'une centaine de km. Aujourd'hui le soleil vient de se lever sur le mur droit, l'ombre de la faille est particulièrement bien visible.

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Et voici la petite comparaison finale, centrée sur le Mur Droit, une photo prise par Michel Lefèvre, et deux croquis, le premier par Patrick qui débute en fanfare dans le croquis astro et le mien (MiT pour Michel Trois). J'ai l'impression que ce mur droit ressemble à une épée, c'était donc bien une joute!

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Comète PanSTARRS C2012-K1

Ahhh, enfin un peu de beau temps pointe son nez entre les nuages… On en a un peu ras la cagoule de jouer au jeu du chat et de la souris avec la météo.
C’est l’heure de PanSTARRS la K et unième Comète découverte en 2012. La seconde de ce nom immortalisée ici.

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Elle est très bien placée. Pas loin du zénith elle devrait vous régaler avec une magnitude approximative de 8 qui décroît (qui monte en brillance).
L’activité solaire particulière du moment, comme cette éruption de la fameuse tache AR2035, provoque sur l’apparence de cette comète des choses inattendues. Par exemple une queue d’ion non linéaire a été immortalisée par un observatoire du Nouveau Mexique.
Ci-dessous un croquis réalisé quelques heures avant celui de la comète. Il montre les dernières effluves provenant de ce groupe de taches très actif.

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Je n'ai pas vu de queue d'ions, sans doute beaucoup trop faible et d'après des photos elle s'amenuise, la dissymétrie de la coma était à peine perceptible. Quand même elle promet la belle !

Retour sur la comète les nuits du 30 avril et du 1er au 2 mai.

Ah là, cette fois je me suis régalé ! Imaginez un lieu improbable de beauté, le Lac Sainte-Croix aux eaux émeraude qui berce les gorges du Verdon et juste au dessus un ciel de rêve.
Entre les deux : l’observatoire d’Olivier Planchon, avec un télescope Newton avec un miroir principal de 620mm, une série d’oculaires Ethos tout neufs et le tour est joué.
Mes crayons se sont délectés sur la cible du moment : la comète PanSTARRS, encore assez faible, qui frôlait une bien jolie étoile double.
Mon ami Apilaure spécialiste des étoiles doubles, nous parle de cette étoile. Elle s'appelle aussi STF1758, une Struve de 1830. C'est plus que probablement une double physique car Hipparcos donne la même parallaxe pour A et pour B, donc une distance 279 AnLu. Elle tourne lentement, 15° en près de 2 siècles. ... Merci Apilaure !

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C’est sans doute l’éblouissement du matériel et de cette double serrée, qui m’a privé de la vue de la queue d’ion, je reviendrai !

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C'est aussi sur :  Astronomy Sketch Of the Day  du 20 mai 2014

Ce colombier a été construit vers 1560, à Artignosc sur Verdon.

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A cette époque les théories de Copernic laissent la place aux lois de Kepler, Mercator invente sa projection, Galilée tourne pour la première fois une lunette vers le ciel, et Mars deviendra pour longtemps une planète susceptible d’être habitée.
Le globe de gauche a été réalisé le 6 avril à 21h30 UT, celui de droite le 24 mars à 4h15 UT
Depuis la construction de cette tour, à chacune des 212 oppositions martienne, le nombre des découvertes n’a cessé de grimper. D’abord, cet astre à la couleur du sang qui grandit dans le ciel provoque la peur. Ensuite on y imaginera des canaux et des villes. Nous avons envoyé des sondes autour et sur la planète rouge, avec quelquefois des réponses et souvent de nouvelles questions. Les résultats qui nous parviennent sont innombrables et passionnants, nous vivons une époque formidable, mais il faut suivre, restons connectés !

Opposition martienne 2014

L’aquarelle. Comment peindre cette planète ?
A l’œil nu Mars nous offre une belle couleur rubis. Par ici dans le Haut-Var, le ciel est bien noir, on repère beaucoup mieux la subtile couleur des astres.

Dans son environnement stellaire, en partant du principe que le ciel est très noir et mon papier aquarelle très blanc, j’ai naturellement le réflexe de vouloir travailler en mode inversé, c'est-à-dire en utilisant les couleurs complémentaires. C’est la roue chromatique qui est alors particulièrement utilisée. Par exemple, je peins Spica en orange, puisque son spectre est de type B1, sa complémentaire est donc le bleu, Mars en bleu pour la raison inverse. Les seules touches à colorer en noir ou gris sont les lampes, et bien sûr les étoiles. De la même manière je peins le décor, c’est une gymnastique étrange et un peu acrobatique pour l’esprit. Si tout se passe bien, il ne restera qu’à inverser le document lors de la numérisation. Le tour est joué !

MARS
Avec une petite lunette, aujourd’hui bien meilleure que celle utilisée par Galilée, on y perçoit des teintes bigarrées : bistre, orange, ocre, rose, foncées et claires, et blanche pour les pôles… mais point de canaux, point de végétation, ni pont, ni village,… ni visage.

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Pour l’aquarelle de la planète, je réalise un croquis « sur le motif » à la lunette, avec les annotations nécessaires pour retrouver les teintes des différentes zones. L’aquarelle est réalisée rapidement après, en atelier. En effet réaliser une aquarelle sous une lumière rouge est impossible, même pour la planète rouge. Ici je peins en mode classique, des lavis se mélangent naturellement. Avant de sécher, les pigments volent en suspension dans l’eau. On berce le papier pour faire des vagues, jusqu’à ce que la poussière pigmentée se dépose sur les zones observées. C’est comme notre regard à l’oculaire qui recherche patiemment des détails infimes, fugitifs. Ne cherchons pas à retrouver sur la projection Mercator de la planète tous les détails, laissons cela à la technique savante et au grand talent de mes amis astrophotographes.

Ici l’aquarelle ne fait que donner le ton.

C'est aussi sur :  Astronomy Sketch Of the Day  aujourd'hui

Varages au Soleil avec AAP l'Association Astronomie Provence

Les "timbrés du ciel" offrent le soleil de et à Varages, petit souvenir :

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J'ai aussi fait une petite animation d'une belle protubérance :

attendez le chargement du GIF

Voir aussi l'aquarelle du jour sur :  Astronomy Sketch Of the Day

Les cratères Exodus, Aristote et Galle

L’âge de la Lune est de 7 jours cette nuit du 7 mars 2014.
C’est mon premier dessin réalisé à partir de la terrasse de notre nouvelle maison toute en rondeur, un colombier qui date de 1730. Nous sommes toujours dans le Var, à Artignosc sur le Verdon. Nous avons opté pour emménager sous un ciel bien noir !

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De haut en bas (du Sud au Nord)

Eudoxus
un cirque de 67 km. A l’extrémité de la chaîne du Caucase, il est bien visible avec son rempart aigu.

Aristote
C'est également un cratère d’impact d’un diamètre de 87 km et d’une profondeur de 3’000 mètres. Un petit cratère de 30 km (Mitchell) est tangent à la partie Est de la muraille.

Galle
Du même nom que le cratère martien visité par Curiosity. Sur la Lune il n’a que 21 km, alors qu’il fait 230 km sur Mars. Cette formation de 2’300 mètres de profondeur, se situe en pleine mer du Froid.

Pour dessiner cette région complexe, j’ai pris une bonne heure sur papier blanc à grain fin, deux crayons papier, une estompe et un pinceau d’encre de chine.
Ma lunette : un réfracteur de 102/1000 avec un oculaire Nagler de 2,5mm, soit un grossissement de 400x. Certains des petits cratères ont ici à peine 5km.

28 janvier 2014 - 9 février - 1er mars - Le re-retour de la tache géante

La tache AR1944 est revenue une première fois. Lorsque cela arrive on re-numérote, elle s'appelle alors AR1967. Fin février elle apparait pour la troisième fois, on lui donne le nom de AR1990.

Petit croquis fait le 1er mars à Aix-en-Provence.

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A gauche le croquis brut et à droite le croquis colorisé.

Quelques jours avant sa seconde disparition, j'ai voulu montrer la dimension relative entre la tache et Jupiter.
Ce croquis j’en ai bavé, je voulais attraper cette fameuse tache AR1944 devenue AR1967 avec une aquarelle ébauchée de Jupiter. Exercice réalisé juste pour montrer les dimensions respectives.
Le 6 février, je fait l’aquarelle de Jupiter, elle était sympa avec sa flèche de satellites qui pointe vers Europe tout au bout, à droite du champ.

Le lendemain matin vers 5hoo, le ciel était superbe pour mon « devoir d’estime » de la magnitude de la Supernova (voir ci-après), donc j’étais un peu fatigué pour le passage au méridien de notre star. J’ai attendu des heures un petit trou entre les nuages pour enfin faire ce croquis du soleil. Pour info il est particulièrement taché et actif. (Un nombre de Wolf record aujourd’hui : 234, d’après spaceweather!).
J’ai tout fait le même jour avec le même instrument réfracteur 102/1000 et le même oculaire Delos 10mm, soit à 100x.

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Vous pouvez zoomer en cliquant sur l'image.

Ici le croquis de l'apparition le 28 janvier et sa disparition au 9 février :

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Vous pouvez zoomer en cliquant sur une des images.

23 janvier 2014 - Alerte

Je reçois de l'AAVSO un message d'alerte pour le suivi d'une toute nouvelle Supernova.

Nous avons bien de la chance !
Pour tous ceux qui comme nous aiment observer la voûte céleste, que de cadeaux en cette saison ! Trois comètes visibles à l’œil nu en moins d’un an, une nova en été, une averse de météores en décembre, un soleil joliment actif et aujourd’hui une supernova, que demander de plus … Depuis près de 45 ans maintenant, pffff déjà..., je n’avais jamais vécu un pareil enchaînement d’événements !
Merci le ciel !

Le 23 nous étions six à observer cette Supernova sur le terrain de Néoules. Partie alors que les premiers insectes n’existaient pas encore à la surface de la terre, c’est avant-hier que nous en avons reçu les premiers photons.
Sa luminosité était éclatante, probablement provoquée par une collision d’étoiles naines blanches en fin de vie. Malgré que ce type de cataclysme provoque une coquille de poussière entourant l’étoile, la lumière résiduelle en est vraiment très forte. Il doit y avoir de l’ambiance dans toute la galaxie!
Pour rappel une nova, comme celle du dauphin, est une étoile qui subit un regain d’activité (voir le post de cette été), par contre une supernova est une étoile qui meurt dans un dernier sursaut, l’explosion thermonucléaire est très brève, le nuage de plasma éjecté pourrait rester visible durant quelques semaines voire quelques mois.
Ce qui est particulièrement intéressant cette fois-ci, c’est que la Supernova a été détectée avant son maximum. C’est une affaire à suivre, fort demandée par les scientifiques.

Le 24 un deuxième dessin et deux nouvelles mesures à Flassans. Voici le croquis avec la position de la supernova au sein de M82, la galaxie bien connue du cigare. M82 est particulièrement sujette à ce genre de phénomène, c’est une starburst galaxy, en français c’est une galaxie dite à «sursaut de formation d’étoiles».

Faites glisser la souris sur la photo pour retrouver la supernova et cliquez dessus pour zoomer.

Le 25 un troisième dessin et trois nouvelles mesures à La Blaque à Varages. Voici le croquis souvenir avec une partie des 17 convives venus pour admirer, entre autre, la supernova.

On a indiqué la position de la supernova au sein de M82, la galaxie bien connue du cigare. M82 est particulièrement sujette à ce genre de phénomène, c’est une starburst galaxy, en français c’est une galaxie dite à «sursaut de formation d’étoiles».

Le 3 février c'est en solo que je me retrouve sur le terrain à Néoules. Ma kangoo comme abris contre le vent et le matériel habituel, pour une nouvelle série d'estimation de magnitude. Pour la première fois j'ai détecté une couleur dans la Supernova, un rose-orangé assez proche de l'étoile de type K qui est proche de la galaxie.
Ci-dessous une petite animation qui donne une bonne impression de l'évolution de sa brillance.

A propos de la magnitude sur le site de l’AAVSO j’ai déjà introduit 28 mesures de magnitude, de 10.4 à 13.0. L'éclat est en nette diminution. C'est très compliqué d'estimer une étoile qui se situe devant une galaxie par rapport à des étoiles de référence qui sont sur le fond noir du ciel.
Voici le relevé de l'AAVSO au 12/3/2014 (mes observations sont les croix bleues) :

Déjà quatre croquis réalisés à Néoules, Flassans et Varages.
Mes amis astro-photographes ne sont pas en reste! Voici une comparaison de leurs images centrée sur la SN.

On espère encore tous de belles observations, en photo et croquis. Le saviez-vous ? une supernova ça fait rêver mais aissi voyager. J’ai appris cela !
C'est encore et toujours une affaire à suivre,...

L'aquarelle du jour sur :  Astronomy Sketch Of the Day

6 janvier 2014 - Une tache solaire géante

La tache AR1944 est impressionnante. A l'aide de simples lunettes pour éclipse elle est facilement visible à l'oeil nu.
L’année commence bien pour les amateurs d’astronomie solaire !
Pour le croquis préalable j’ai observé via mon réfracteur 102/1000 avec un oculaire Delos de 10mm et un filtre objectif (en lumière blanche).
Pour l’aquarelle le papier utilisé est très particulier, il s’agit d’un papier 50% coton au grain « extra rough » ce qui donne cet aspect de granulation solaire un peu fort mais sympa.
Le papier boit beaucoup, le mistral a mis plus d’une heure à le sécher pour que je puisse y déposer les taches. La couleur du disque est du cadmium orange et les ombres et pénombres sont faites au gris de payne. Le diamètre du disque solaire est de 26cm sur l’aquarelle originale qui mesure 30/40 cm.
A cause de la turbulence j'ai dû attendre plusieurs heures une vue convenable pour sortir les détails. Un peu avant le passage au méridien, vers midi l'atmosphère était bien stable, j'ai pu enfin en profiter.
Entrepris à 10h du matin j'ai fini le travail à 14h45.

zoom

Cliquez sur l'image, elle est grosse mais vous obtiendrez tous les détails.

Le 14 janvier à l'opposé de cette tache et au moment où elle disparaissait à notre vue, un joli pont de plasma s'est élevé dans la couronne solaire. J'aime bien dessiner ces ponts, ils sont souvent très artistiques. Celui-ci était très fin, j'ai pu observer sa lente évolution.

zoom

Petit décompte : En 2013 j'aurai réalisé 133 croquis de notre étoile lors de 41 journées parmi les plus intéressantes, en lumière blanche et H alpha. Un record.

Observatoires et observateurs

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